Conte du Japon
Le bouvier et la vieille de la montagne
Jadis, quelque part, un bouvier transportait des maquereaux salés à dos de bœuf. Il passe en montagne par un endroit non fréquenté et effrayant. Il voudrait presser le pas, mais est obligé de suivre le bœuf qui est un animal très lent. Il a bientôt fini de traverser cette passe dangereuse, quand le vieille de la montagne apparaît (c'est une ogresse).
Bouvier, bouvier, donne-moi un maquereau.
L'homme, ne sachant quel sort serait le sien s'il refuse, tire du coffre un maquereau. Elle le dévore. Le bouvier frappe alors de toutes ses forces l'arrière-train du bœuf, qui garde son allure habituelle. La vieille les rattrape :
Bouvier, un maquereau !
Il lui donne aussitôt. Et c'est ainsi tout le long du chemin ; elle finit par manger le contenu du coffre.
Plus rien ? Alors, donne-moi ton bœuf à manger.
Elle l'avale en un rien de temps.
Maintenant, c'est toi que je vais manger.
Le bouvier se sauve à toutes jambes et finit par trouver une maison pour s'y barricader. Malheureusement, c'est justement la maison de la vieille. Il se cache alors dans la cheminée. La vieille ne l'a pas trouvé, mais a toujours un sacré appétit. Elle prépare des petits pâtés fort alléchants. Tellement alléchants, que le bouvier, suspendu dans la cheminée, a l'idée de lui chiper avec son bâton, pendant que la vieille va chercher sa boisson. Quand elle revient, plus rien dans l'assiette. Elle pense que c'est le dieu du feu qui lui a pris. Elle se prépare à boire son breuvage, et elle s'endort un moment. Le bouvier aspire, à l'aide d'un roseau, le contenu de la coupe. Quand elle se réveille, elle découvre qu'il n'y a plus rien à boire. Elle pense encore que c'est le dieu du feu, et décide d'aller se coucher dans un coffre en bois. Le bouvier descend de sa poutre. La marmite d'eau bouillante fait grand bruit. Le bouvier perce un trou dans le coffre et verse l'eau bouillante. Pour la vieille, il est trop tard.

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