Yasushi Inoue
Fils d'un chirurgien militaire souvent muté, il est pendant un temps élevé par la maîtresse de son arrière grand-père, une ancienne geisha qu'il appelle grand-mère - alors qu'elle est étrangère à la famille Inoué. Il racontera plus tard cette enfance dans son roman autobiographique "Shirobamba". Il est un pratiquant assidu du judo (ceinture noire).
Il
écrit des poèmes dès 1929. Après des études en philosophie à
Kyoto et une thèse sur Paul Valéry, il se lance dans la littérature
en publiant des poèmes et nouvelles dans des magazines, puis dans le
journalisme, carrière entrecoupée par le service militaire
(1937-1938).
En
1964, il est élu à l’Académie des Arts et préside l’Association
littéraire japonaise de 1969 à 1972. Il reçoit l’Ordre National
du Mérite en 1976. Il est également élu vice-président du PEN
Club International en 1984.
Certaines
de ses œuvres ont été adaptées au cinéma. "Le Sabre des
Takeda" (en 1953) est adapté par Hiroshi Inagaki. "Asunarô"
est adapté en 1955 par Akira Kurosawa et filmé par Hiromichi
Horikawa. "Le Maître de thé" inspira Kei Kumai pour son
film "La Mort d'un maître de thé" en 1989 qui obtint un
Lion d'argent au Festival du film de Venise.
Dans
cette nouvelle, il est question de ces
prêtres japonais qui ont adopté la croyance bouddhiste du Fudaraku,
montagne au sud de l’Inde où était censé résider le bodhisattva
(divinité protectrice du bouddhisme) Guanyin. Ils s’embarquaient
dans l’océan Pacifique, cap vers le sud, pour y parvenir, et se
perdaient dans les flots. Vingt-trois d’entre eux ont été
recensés entre les IXe et XVIIIe siècles, dont la moitié pour les
XVe et XVIe siècles.
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Notes sur ceux qui prirent la mer en quête de la Terre Pure
Le Fudaraku-ji est sans doute, comme son nom l'indique, le haut lieu de la croyance dans le mont Fudaraku : selon une tradition remontant à la plus haute antiquité, le temple est orienté dans la direction de cette île, le Terre Pure de Kannon, monde sans souillures situé là-bas, vers le Sud. C'est pourquoi ceux qui aspirent à renaître en personne font choix de ce rivage situé à la pointe sud du Kumano pour y embarquer et se lancer tout vivants sur la mer.
Se laisser enfermer dans un caisson dépourvu de toute porte, que l'on clouait solidement au fond d'une barque, se munir d'un peu de nourriture, d'un peu d'huile de lampe – provision tout juste suffisante pour quelques jours -, puis se laisser porter sur le flots à partir du rivage de Kumano, c'était bien sûr se vouer à mourir en mer. Mais le corps de ceux qui mouraient ainsi, au moment même où ils expiraient, était, comme ces bateaux en feuille de bambou que les enfants lancent dans les tourbillons d'un ruisseau, emporté avec la barque au loin, vers le sud, en direction du mont Fudaraku. Et le rivage où ils abordaient, c'était celui de la Terre Pure de Kannon, où les morts ressuscitent à une vie nouvelle pour se consacrer éternellement au service du Bodhisattva.

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