Raúl González Tuñón
Raúl
González Tuñón fut un poète argentin.
Correspondant de guerre au Chaco et en Espagne pendant la Guerre civile, il fit partie de l'avant-garde littéraire argentine des années 1920 et voyagea ensuite en Europe. Il vécut à Paris et à Madrid, où il se lia d'amitié avec les poètes Robert Desnos, César Vallejo, Rafael Alberti, Miguel Hernández, Federico García Lorca et Pablo Neruda. Son œuvre commence avec « El violín del diablo », qu’il publia à Buenos Aires en 1926, à l'âge de 21 ans. Il participa aussi, avec Jorge Luis Borges, à la revue « Proa », et c'est dans le premier numéro de cette revue en 1924 qu'il publia ce poème.
Correspondant de guerre au Chaco et en Espagne pendant la Guerre civile, il fit partie de l'avant-garde littéraire argentine des années 1920 et voyagea ensuite en Europe. Il vécut à Paris et à Madrid, où il se lia d'amitié avec les poètes Robert Desnos, César Vallejo, Rafael Alberti, Miguel Hernández, Federico García Lorca et Pablo Neruda. Son œuvre commence avec « El violín del diablo », qu’il publia à Buenos Aires en 1926, à l'âge de 21 ans. Il participa aussi, avec Jorge Luis Borges, à la revue « Proa », et c'est dans le premier numéro de cette revue en 1924 qu'il publia ce poème.
Loups de merLe port est mort. Des veilleuses rouges et vertesveillent, fantasmagories du paysage tout en brume.Parmi les navires, les bateaux, les barquesles bouées jaune jouent en cachetteavec la forte houle.
On entend une chanson triste. Dans cette petite embarcation,fatigué et malade d'avoir tant navigué,il y a quelqu'un qui nostalgiquement contemple le ciel.Pourquoi tant de tristesse chez ce loup de mer ?
Donnez-lui une barque à ce vieux ; donnez-lui un équipageet qu'il lève l'ancre demain toutes voiles dehors.Déjà il ne fume plus, ne chante plus, ne boit plus comme avantce loup. Ses yeux gris et somnolentsveulent voir d'autres fleuves, d'autres mers ;des fourrures ou du sable fin arriver aux Açoreset une cargaison de fer arriver aux Baléares.Lui, c'est un prêtre qui officie sur les autelsdes cordages, des voiles et des hauts mâts.
Le ciel, à gros traits, nettoie ses lucarnes.Les yeux des bouées se moquent de la nuit.Un sifflement dans les petites rues glisseet s'allonge. Un oiseau, qui vient de passer,prend l'esprit du bon vieux sur son aileet l'emporte vers les noires solitudes de la mer.

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