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Ban Shigeru

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Aux antipodes de star-architectes à l’élan bâtisseur emphatique, Shigeru Ban est un prix Pritzker bien discret. Passé maître dans la conception de structures innovantes, le lauréat 2014 du fameux Nobel d’architecture, propose des réalisations en matériaux organiques entièrement recyclables. Bois, papier, carton… une utile disruption dans des villes encore trop souvent régies par l’empire de l’acier et du béton. Né à Tokyo en 1957, Shigeru Ban conçoit depuis toujours ses projets en accord avec le regard sensible qu’il pose sur le monde, celui des mégalopoles surpeuplées d’Asie. Inspiré par les maisons traditionnelles japonaises aux cloisons en papier modulables, il met en mouvement les espaces. Il crée des structures mobiles, démontables, parfois éphémères, ouvertes sur l’extérieur pour mettre en scène une certaine poésie de la fluidité. On lui doit notamment le  Pavillon du Japon  lors de l’Exposition universelle à Hanovre, constitué de tubes de papier recyclé et d’une surpr...

Mythologie japonaise

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LA FEMME DE NEIGE Dans un village de la province de Musashi, deux bûcherons, Mosaku le vieux et Minokichi l'apprenti. Un soir d'hiver, tempête de neige. Les deux hommes ne peuvent pas rentrer chez eux et sont forcés de nuiter dans une hutte. Le vieux s'endort aussitôt. Le jeune écoute le vent atroce, la neige qui fouette la porte, le rugissement de la rivière voisine. Une douche de neige le frappe au visage. La porte de la cabane est ouverte. Il voit une femme tout en blanc dans la hutte. Elle se penche sur le vieux Mosaku et souffle sur lui une fumée blanche. Puis elle se tourne vers Minokichi et lui dit : J'avais l'intention de te faire subir le même sort, mais j'ai pitié. Tu sembles si jeune. Tu es joli garçon, je ne te ferai aucun mal, mais si jamais tu dis à qui que ce soit ce que tu as vu cette nuit, je te tuerai. Souviens-toi ! A ces mots, elle disparaît. Minokichi ferme la porte et appelle Mosaku. Pas de réponse, il était mort. Un soir de l'h...

Ukiyo-e

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L’ukiyo-e est un mouvement artistique apparu au Japon à l’époque Edo et principalement représenté par les estampes japonaises. Inspiré de la beauté éphémère d’un monde en perpétuel changement, l’ukiyo-e se traduit par « image du monde flottant » et désigne aussi bien le courant artistique que les œuvres qui en résultent. Par extension, un ukiyo-e évoque une estampe : un dessin à tirage réduit, imprimé à l'encre, à partir d'une matrice de bois gravée en relief. Le Yoshiwara était un quartier célèbre d'Edo, au Japon. Il était connu pour être le yūkaku, ou quartier des plaisirs, célèbre pour ses artistes, ses courtisanes et ses prostituées. La vision qu’avaient les artistes de l’ukiyo-e du monde glamour et commercial de Yoshiwara à leur époque est sans aucun doute idéalisée, car elle passe largement sous silence ses aspects sombres. On peut néanmoins leur reconnaître le mérite d’avoir su mettre en valeur la dignité, la beauté et le sens artistique des femmes de leur époque ...

Takuya Kuroda

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Une chanson pour commencer la nouvelle journée.  Voici "Everybody Loves the Sunshine" de Takuya Kuroda tiré de l'album "Rising Son", sorti sur le label Blue Note Records en 2013. "Juste des abeilles, des choses et des fleurs. " Trompettiste très respecté né à Kobe, au Japon, Takuya Kuroda (né le 21 février 1980) est un musicien avant-gardiste qui a développé un son hybride unique, mêlant jazz soul, funk, post-bop, fusion et musique hip hop. C'est à New-York que Takuya a rencontré le chanteur José James, avec qui il a travaillé sur les projets « Blackmagic » et « No Beginning No End ». Après avoir obtenu son diplôme, Takuya s'est établi sur la scène jazz de New York, se produisant avec des groupes comme Akoya Afrobeat et, ces dernières années, avec le groupe BADDER de DJ Premier (qui comprend également Brady Watt, bassiste de renom). Takuya Kuroda est déjà incroyablement prolifique : il a sorti cinq albums au cours de la dernière décennie et ...

Ton Satomi

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De son vrai nom,  Yamanouchi Hideo , Satomi est le fils d'un haut fonctionnaire des finances, ancien samouraï. Ses deux frères, aussi écrivains sont  Arishima Ikuma   et  Arishima Takeo .Il sera désigné comme héritier de la famille de sa mère, c'est pourquoi il porte son nom. Il rentre à huit ans au Gakushūin (une école pour les nobles à l'époque) et il y restera jusqu'à 20 ans. En 1909 il décide de se consacrer à la littérature malgré son acceptation au sein de la section anglaise de l'école impériale. En 1910, il participe à la création de Shirabaka (revue littéraire) où il se fait connaître par une traduction d'une nouvelle de  Tchékhov . Il reçoit en 1959, l'ordre de la culture japonaise. Il est mort le 21 janvier 1983 à 94 ans. Elle bondit avec son édredon, et son visage se blottit contre les genoux de sa tante. Mais qu'est-ce que tu as ? Qu'est-ce que c'était ? Mais je n'en sais rien. Une fleur de camélia, avec sa large...

Adieu au triomphe de la laideur

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Adieu au triomphe de la laideur Monsieur Gilet trônait au milieu de son bric-à-brac. Déjà il fallait s'ingénier pour trouver la porte d'entrée de la brocante, contourner des vide-bouteilles, des fauteuils en rotin, des chaises de jardin rouillées, des tables en fer forgé rongées par la moisissure. Et dès l'accueil, au son d'une sonnette au tintement éraillé, on trouvait un barrage de piles de livres et d'encyclopédies. On s'aventurait alors dans un dédale de soupières et de vaisselles qui menaçaient à tout moment de s'effondrer à vos pieds. On avait peur de toucher au moindre objet, car si on le prenait en main, on ne savait plus où le reposer. Bizarrement, à l'endroit où auparavant il était posé, il n'existait plus d'espace pour le remettre à sa place. Au moment de saisir un tableau accroché au mur, on marchait sur des chenets massifs ou on se cognait les pieds sur des parures de cheminée. Une affiche vous attirait, mais c'était sans compter...

Bains au Japon

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Dans tout le Japon on trouve des kodakarano-yu , sources chaudes réputées, dit-on, pour assurer la fertilité aux femmes infécondes. On suppose qu'à l'époque d'Edo, époque qui a duré de 1600 à 1867, l'employé des bains ( sansuke) avait des rapports sexuels avec les clientes pour qu'elles tombent enceintes : la grossesse demeurait en effet possible dans le couple, le problème d'infertilité venait du mari. Beaucoup de sansuke étaient originaires des régions d'Echizen, d'Ecchû et d'Echigo, et ceux qui avaient un physique attrayant étaient très demandés. La morale à l'époque d'Edo était différente d'aujourd'hui, avec priorité à la préservation de la lignée. De fait, lorsqu'une famille n'avait pas d'héritier, le beau-père persuadait l'épouse d'aller faire une cure thermale, le mari étant plus ou moins au courant.