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Kiku Amino

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Kiku Amino (1900-1978) est une écrivaine japonaise, traductrice de littérature anglaise et russe. Amino naît à Tani-chō, dans l'arrondissement d'Azabu, et grandit à Tokyo, où son père est sellier. Sa mère part lorsqu'Amino a six ans, après quoi elle a trois belles-mères.  En 1921, elle publie un recueil autofinancé de contes Aki (« automne »), et en 1923, rencontre l'écrivain Shiga Naoya, dont elle devient élève. Elle l'épouse en 1930, vit à Hooten, en Mandchourie, de 1930 à 1938, et divorce en 1936. Elle ne publie pas alors qu'elle est mariée, mais fait un retour avec une collection de nouvelles intitulée Kisha no nakade (« En train  ») en 1940. Seule une nouvelle de l'auteure, écrite en 1966, a été traduite en français par Estrellita Wasserman : On ne vit qu'une fois ( Ichigo ichie ), dans l'Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines (Tome II), Gallimard, 1989. ********************************** Ce jour du 4 juin, les visiteurs s'é...

Tatsumi Hijikata

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Hijikata Tatsumi (1928-1986) créateur de l’ankoku butō (danse des ténèbres) à l’aube des années 1960 au Japon, révolutionna la notion même de danse moderne, imposant un univers fantasmatique et transgressif, renversant toute notion d’harmonie ou de beauté chorégraphique. Artiste visionnaire, il accouche d’un corps humain difforme, souffrant, orgiaque et impie, d’une obscénité inacceptable dans une société en pleine normalisation consumériste. Son style puise à des sources hétéroclites, mêlant onirismes traumatiques de son enfance rurale et mondes artistiques hérétiques qu’il phagocyte et régurgite en une version érotique et grotesque inimaginable avant lui. Danseur et chorégraphe, créateur du butô, Tatsumi Hijikata fut également enseignant. C’est peut-être parce qu’il considérait que la danse contemporaine japonaise débutait avec lui que ses créations ont trop souvent été comprises comme l’expression et le symbole d’un Japon post-atomique rejetant toutes formes d’acculturation avec ...

Natsume Sôseki

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Quelques facettes de l'écrivain :    Tout bien considéré, je me dis que la grande majorité de l’humanité vous exhorte au mal. On dirait que pour les gens, il est impossible de réussir dans la société à moins d’être malhonnête. S’ils rencontrent un homme droit et sincère, ils le méprisent en le traitant de « jeunot » ou même de « gosse ». Ne vaudrait-il pas mieux que les professeurs de morale des écoles et des collèges n’enseignent pas à leurs élèves à ne pas mentir et à être honnêtes ? Ils devraient oser résolument exposer à l’école les méthodes du bien mentir, les techniques de la méfiance, les moyens de posséder les autres, et ce non seulement dans l’intérêt général, mais pour le bien des individus. Le grand rire Ho ho ho ho ! de Chemise-Rouge, c’était un rire contre ma simplicité. Que faire dans un monde où l’on rit de la simplicité et de la franchise ?  Vent d’est vent de printemps Si je savais que tu m’attends M’en irais de suite ...

Nicolas Bouvier au Japon

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« Il entre du grelottement dans la musique japonaise. » « Le voyageur est une source continuelle de perplexités, écrit Nicolas Bouvier. Sa place est partout et nulle part. Il vit d’instants volés, de reflets, de menus présents, d’aubaines et de miettes. » Voici donc le Japon selon Bouvier. Un archipel pétri par l’histoire et le spirituel qui est autant le pays des samouraïs que celui des humbles. Là où d’autres convoquent une bibliothèque entière pour se donner des airs de penseur zen, Bouvier saisit l’odeur de l’air, la couleur d’un visage, une conversation dans la rue pour nous livrer en une ligne le diamant d’une sensation. "Sur les deux côtés de la rue, des caisses à ordures disjointes vomissaient leur contenu sur le trottoir. Un bistrot à côté de l'autre. Et tout cela menu, coquet, l'air bricolé de la veille, avec les restes d'une rue plus grande. J'avais faim, j'ai poussé une porte sur laquelle on pouvait lire Café-Bar Shi. Shi - j'ai demandé - veut d...

Légende du Japon

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LE SACRIFICE AU CHIEN CELESTE C'était il y a bien longtemps dans une station thermale. Une mère y soigne son fils de onze ans, à la santé délicate. Un jour, la fontaine de la station cesse de jaillir. Le Chien du ciel, dieu de la montagne, nous a jeté une malédiction. Pour récupérer notre source, il faut sacrifier un enfant de onze ans, disent les curistes. Or, sur place, il n'y a qu'un enfant de onze ans. La mère ne veut pas le lâcher, ne dort pas de la nuit, le garde étroitement contre elle. Mais le lendemain, rien dans les bras. Envolé comme fumée. Folle de douleur, la mère va interroger les curistes l'un après l'autre : Où est mon fils ? Les curistes secouent la tête en silence. La mère, harassée de fatigue, n'a plus la force de crier le nom de son fils, mais seulement « Juu Ichi, Juu Ichi » (ce qui veut dire « onze » en japonais) et progressivement se transforme en l'oiseau appelé Juu ichi.  

Daido Moriyama

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  Pour Daido Moriyama, la photographie est vivante, bien vivante. Depuis le début des années 1960, c’est-à-dire depuis qu’il a commencé à entretenir avec cette forme sensible d’enregistrement du monde une relation quotidienne quasi-existentielle, il ne cesse de s’adresser à elle sous la forme de projets, d’images ou de textes qui ont, à chaque fois, valeur de déclarations.  En 1972, son livre   Shasin yo sayonara   [Adieu photographie] déconstruit les règles admises des bonnes pratiques photographiques. À la même époque, il publie régulièrement dans la presse spécialisée japonaise ( Asahi Camera, Provoke, Shashin Jidai   , etc.) des essais photographiques qui sont autant de manifestes. Il multiplie également les pèlerinages photographiques dans les pas du tout premier photographe, le français Nicéphore Niepce.  Nombre de ses images, prises au jour le jour, constituent par ailleurs des formes de mises en abyme du médium. Elles lui tendent un miroir. L’exposi...

Herbes folles

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L'herbe n'a plus qu'à bien se tenir raccourcie, rasée, ratiboisée, tondue surtout pas une mèche qui dépasse, pas un brin plus haut que l'autre les tondeuses rivalisent en décibels et des petits robots à la lame effilée passent et repassent en bourdonnant mélanges de Sisyphe et d'Attila Où sont passées les herbes folles que le vent faisait valser le soir ? on jouait en détachant leurs extrémités entre nos doigts à « coq ou poules » les gamins s'y cachaient en riant et parfois même s'y endormaient les plus grands s'y déshabillaient pour une première étreinte timide Malheureusement si on trouve encore un enfant couché dans les herbes folles en un endroit isolé qui ignore la tonte c'est qu'un prédateur est passé par là pour y assouvir sa bien triste pulsion y abolir jeux, rires, repos, amour et vie la police en gants blancs et lumière bleue constate les dégâts dans la moiteur de juin