La photo est à la une de tous les journaux. On y voit une femme radieuse, encadrée par des policiers. Ils viennent de l’arrêter dans sa chambre d’hôtel, à Tokyo, le 20 mai 1936. Trois jours plus tôt, dans un autre établissement de la capitale, Sada Abe étranglait son amant, Kichizo Ishida, avant de l’émasculer. Elle avait quitté les lieux au petit matin, recommandant au personnel de laisser son compagnon se reposer. La découverte du corps mutilé, orné du message « Sada, Kichi, Futura-kiri » («Sada, Kichi, ensemble») tracé en idéogrammes de sang, met la police en branle et la population en émoi. Il se murmure même que cette meurtrière hors normes aurait transporté les attributs de l’être aimé dans sa obi, la ceinture de son kimono… Le fait divers le plus scandaleux du Japon vient de secouer tout l’archipel, et quatre-vingt-un ans plus tard, l’histoire de Sada Abe continue de hanter les mémoires. Le 20 mai 1936, après trois jours d’errance, Sada Abe, tout sourire, est arrêtée par la p...