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Conte du Japon

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TARO GROS COMME UN GRAIN Un vieux, une vieille vivaient sans enfant. Ils priaient ardemment les dieux de leur en accorder un, si petit soit-il, même pas plus gros qu'un escargot ou d'une graine. Enfin, un tel enfant leur est accordé. Ils l'appellent Tsubu Taro et ils l'élèvent avec sollicitude, mais il ne grandit pas. Pourtant il est intelligent et a la langue bien pendue. Un jour que le père est parti en montagne couper du bois, Tsubu Taro se place dans l'oreille de leur cheval. Il va rejoindre son père. Des passants suivent avec étonnement ce cheval qui a l'air de galoper tout seul. Un jour, un riche propriétaire propose aux vieillards de lui acheter leur étonnant fils pour une grosse somme. Les vieux refusent tout d'abord, mais Tsubu les persuade d'accepter. Il se fait mettre dans la paume de son nouveau propriétaire. Sur le point d'arriver au bourg, il demande à être déposé à terre pour faire pipi. Il en profite pour se glisser dans un trou de ...

Sakata Kazuo

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Sakata Kazuo (1889-1956) est un artiste qui a compris le cœur des évolutions de la peinture abstraite à partir du cubisme et a poussé leurs possibilités à la toute limite. Cette exposition présente une exploration complète du travail de Sakata Kazuo, qui a atteint un niveau rarement atteint ailleurs dans le monde, et elle révèle les possibilités des mondes tissés dans ses peintures. Sakata Kazuo est parti en France en 1921, après la Première Guerre mondiale. Là, il a découvert des peintures abstraites contemporaines et a été actif comme artiste avant-gardiste radical dans ce pays pendant plus d’une décennie. De retour au Japon en 1933, il travailla avec zèle sur son art dans sa ville natale d’Okayama, tout en formant le groupe Avant-Garde Okayama et en faisant de son mieux pour former la prochaine génération d’artistes. Cependant, il n’y a eu presque aucune tentative d’introduire en profondeur l’œuvre de Sakata en dehors d’Okayama de son vivant ou après sa mort, et il n’est pas exagér...

Wabi Sabi

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Pour mieux comprendre le concept du wabi-sabi, intéressons-nous à son étymologie. Tout d’abord, ce mot se compose de deux idées : wabi et sabi. Wabi traduit la simplicité, la nature et évoque la beauté dans sa forme la plus modeste. Les imperfections faisant partie de l’harmonie. C’est l’enchantement que l’on éprouve lorsque l’on regarde une fleur gracieuse à laquelle il manque un pétale, par exemple. Sabi traduit l’usure naturelle par l’œuvre du temps ainsi que l’attrait pour les choses qui ont du vécu. Alors, on apprécie un meuble patiné, les petites marques du vieillissement, etc. Le concept wabi-sabi célèbre la beauté de l’imperfection et de l’impermanence, reflet même du cycle de la vie. C’est un principe selon lequel l’harmonie réside dans le naturel et la spontanéité et non dans l’absence de défauts. Ainsi, l’asymétrie, l’impermanence, les déséquilibres, les formes incomplètes et les cassures viennent sublimer les choses. Le wabi-sabi c’est la plénitude que l’on ressent lorsque ...

Kobo Abe

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VIE D'UN POETE Les gens devenaient pauvres à cause de leur pauvreté même. Quoi qu'absurde, cette pauvreté ne recelait-elle pas quelque explication ? Qu'était-elle au juste ? D'où provenait-elle ? On y réfléchissait chez les messieurs de la haute portant des gilets venus de l'étranger, des gilets en fleurs n'engendrant pas une once de chaleur, tissés qu'ils étaient à la machine avec des fils menus. De toute façon, des gilets, il y en avait en surnombre. Et si l'on déclenchait une guerre pour essayer d'en vendre à quelque pay étranger ? Les pauvres redoutaient l'arrivée de la nuit, s'attristaient du retour du matin. Les messieurs vêtus de gilets d'importation s'absorbaient dans l'entretien de leurs fusils de chasse ; les dames vêtues de gilets d'importation, pour ajuster comme il faut autour de leur cou d'épaisses fourrures, se retournaient trente fois par jour devant leur miroir. Les champions de ski faisaient fondre la c...

"Démon rouge" de Hideki Noda

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  "Démon Rouge" (1996) met en scène quatre acteurs interprétant 23 personnages, dans un village côtier japonais. L'histoire débute après un naufrage : trois survivants, dont une femme surnommée "cette femme", sont recueillis par les villageois. Rapidement, la rumeur d'un "démon rouge" ayant accosté sur la côte se répand. Ce démon, étranger, ne parle pas la langue locale et suscite la peur et la méfiance. CETTE FEMME – Tout ce qui se passe de bizarre, on dit que c'est de ma faute. TOMBI – C'est parce que tu es une beauté. CETTE FEMME – Tu sais ce que ça veux dire, toi, une beauté ? TOMBI – C'est une femme que tous les hommes ont envie de baiser. CETTE FEMME – Tu as trouvé ça tout seul, grand frère ? TOMBI – C'est Mizukane qui me l'a dit. Il y a deux sortes de femmes. Celles qu'on a envie de baiser et celles qu'on est obligé de baiser. CETTE FEMME – Dans un cas comme dans l'autre elles se font baiser. ...

Tôzaburô Ono

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 Tōzaburō est né le 27 juillet 1903 dans une famille aisée à Osaka. Bien qu’il ait passé une grande partie de son enfance à Nara, il a connu une période de mécontentement ouvrier durant ses années de collège. Il s’est inscrit à l’université de Tokyo et a déménagé à Tokyo, mais a rapidement abandonné ses études. Il établit un lien avec le magazine anarchiste Aka to Kuro (Rouge et Noir), publiant son premier article sous le pseudonyme Tōzaburō dans le dernier numéro du magazine en 1924. Cette même année, il fonda son propre magazine anarchiste et dadaïste, Dam-Dam, mais ne publia qu’un seul numéro.] En 1926, il a auto-publié son premier recueil de poèmes, « Hanbun Hiraita Mado » (« Une fenêtre à moitié ouverte »), et s’est marié l’année suivante. Il retourna à Osaka en 1933 et publia des œuvres dont la plupart se déroulaient dans l’industrie locale et la ville d’Osaka. Il est mort en 1996. DEMAIN Les vieux roseaux sont morts Quelques pousses nouvelles. A peine. Les bécasseau...

Enka, blues japonais

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L' enka est un genre de musique populaire japonais qui a connu ses heures de gloire entre les années 1950 et1980. C'est une sorte de blues local. Tout Japonais qui se respecte se doit de chanter au moins une de ces ballades sentimentales lors des virées entre collègues qui trouvent la plupart du temps leur conclusion dans un bar karaloké. Voici une des plus célèbres de ces bluettes : Pluie gelée Je vous en prie, laissez-moi boire encore un peu, Ce soir, je ne rentre pas chez moi, je ne veux pas rentrer Dans ma pauvre chambre nue, Qui pourrait m'y attendre ? Hélas, il n'y a personne. Je vous en prie, ne chantez pas cette chanson Elle me rappelle trop celle qui m'a quitté. A boire de désespoir, Mes larmes ne tarissent pas ! Je vous en prie, pardonnez mon état. Dehors, cette petite pluie d'hiver, Qui vous imprègne le cœur N'arrête pas de tomber. Oui, bien sûr j'ai un parapluie, Mais je ne veux pas rentrer chez moi ! Alors je vais boire jusqu'à l...