Tokyo, capitale de l'ivresse
La ruelle des ivrognes Tokyo est la ville des bars. Berlin, Londres, oui. New York, bien sûr. Mais Tokyo est la ville des bars. Dans ce pays de danger et d’alerte continuels, toujours exposé à quelque catastrophe – tsunami, incendie, typhon, éruption, séisme, inondation… ( Claudel s’indignait qu’on ait pu « placer la capitale d’un pays sur ce couvercle de chaudière ») –, les bars sont à la fois des retraites et des refuges, des tanières et des sanctuaires… Ce sont des lieux qui sont pour ainsi dire fériés . Des lieux de vacance, de suspension et de disponibilité, dans le vacarme ambiant. Au milieu de la cohue perpétuelle des gens, qui vont au travail ou qui en reviennent, au cœur de toute cette agitation multicolore, dans la folle écriture des antennes, des fils électriques et des enseignes publicitaires qui forme la trame de la plus grande ville du monde, quand l’horizon vire au rouge, dans la sagesse du soir, heureusement il y a les bars. ...