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Mitsuharu Kaneko

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  Mitsuharu Kaneko ( 1895-1975 ) écrivain, peintre, essayiste et poète japonais. Fortement engagé contre la montée du militarisme et du colonialisme japonais dans les années 30, il séjourne à Paris en 1930 puis à Bruxelles et Anvers. De retour au Japon en 1932, il ne publiera plus rien pendant toute la durée de la guerre et ne trouvera une reconnaissance dans son pays que dans le cours des années 50. CONTRE Déjà, enfant J'étais contre l'école. Et maintenant Je suis contre le travail. Moi, d'abord, la santé, la droiture me répugnent. Rien de tel qu'être en bonne santé, droit Pour rendre l'homme insensible. Bien sûr, l' « âme japonaise », je suis contre. Devoir, charité : je vomis. Tous les gouvernements, je suis contre. Les hommes de lettres, les artistes, je leur montre mon cul. Si on me demande pourquoi je suis né, Je réponds sans hésiter : pour être contre. Quand je suis à l'est, Je veux aller à l'ouest. Mon kimono est sens d...

L'étranger est un Alien

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Alien Card   est le document que tout étranger présent sur le sol japonais se doit d’avoir en sa possession. Que vous soyez dans l’Archipel pour le travail, pour les études ou pour toute autre raison elle sera, aux yeux de l’administration japonaise, l’équivalent de votre Carte d’Identité. Les Japonais n'ont pas de carte d'identité, et par conséquent, on ne prend pas leurs empreintes. Elles ne sont enregistrées que s'ils ont commis un forfait. Les étrangers sont donc, par défaut, des criminels en puissance. « Alien », c'est sous ce peu ragoûtant vocable que sont étiquetés les étrangers arrivant au Japon dès leur descente d'avion : ils doivent faire la queue sous une pancarte « Alien » pour passer aux guichets des services d'immigration. De nos jours, grâce aux progrès de la reconnaissance faciale, les Japonais passent devant des machines biométriques qui les identifient en trente secondes. Le résident étranger, lui, doit toujours se plier à la lecture de ...

Conte du Japon

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LE VIEUX A LA BOULE SUR LA JOUE Un vieux bûcheron, ayant une grosse boule à la joue gauche, coupait du bois en montagne quand soudain pluie, orage, foudre, l'obligent à se cacher dans un tronc d'arbre. Il s'endort. Plusieurs heures après, il est réveillé par des chants et des cris. Des ogres boivent et dansent. Le bûcheron, mis en joie, sort de son trou et va avec eux boire, chanter, danser. Sa danse agile plaît aux ogres, qui lui enlèvent sa boule : « On te la met de côté, reviens danser demain et tu la reprendras. » Le vieux rendre tout beau et tout content chez lui, raconte à sa femme son aventure. Celle-ci s'ébruite. Un autre vieux du même village, ayant une grosse boule à la joue droite, apprend l'histoire. Il veut se débarrasser de sa boule par la même méthode, va en montagne, attend la nuit dans un creux d'arbre, assiste à la beuverie des ogres, se présente pour danser. Il danse, mais très mal, perclus qu'il est de rhumatismes. Les ogres enragent, lu...

Waka

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Au Japon, à la période de Heian (794-1185), les dames du Palais Impérial inventèrent puis cultivèrent avec passion l’art du  waka  (littéralement « poème japonais ») dit aussi  tanka  (littéralement « poème court ») – forme de poème bref qui est l’ancêtre du haïku. Ces dames de la Cour, qui se révèlent être de très grands poètes, chantent l’amour : ses peines, ses attentes, ses trahisons, les ragots et médisances dont il fait l’objet, l’inconstance des amants, et parfois leur abandon. La forme du  waka  comporte cinq vers de trente-et-une syllabes réparties comme suit : 5-7-5 puis 7-7. De teinte invisible qui pourtant va s’altérer il n’est en ce monde qu’une seule fleur, pour sûr, on l’appelle Cœur-de-mortel. Ono no Komachi Mots jetés au vent comme feuilles dispersées ont glacé mon cœur : pour le noyer de froidure se pressent les pluies d’automne. Ise Amour en secret couve jusqu’à m’abolir, infime fumée, nuée dissipée sans trace e...

Atarashii Gakko!

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Atarashii Gakko! à Londres Atarashii Gakko! , connu au Japon sous le nom de  Atarashii Gakkou no Leaders  ( 新しい学校のリーダーズ ,  litt. « Nouveaux chefs d’établissement ou bien "leaders de la nouvelle école » ? ), est un  girl group   japonais  formé en 2015. Atarashii Gakko! adopte une philosophie consistant à remettre en question les normes de la société japonaise. Se positionnant comme les représentants de la jeunesse japonaise, la direction principale du groupe stipule : « À une époque où seuls les citoyens exemplaires sont reconnus, nous nous efforçons de défier une société étroite d'esprit en embrassant l'individualité et la liberté ». Bien que les circonstances entourant la formation du groupe n'aient jamais été divulguées, elles ont déclaré dans l'émission de radio  All Night Nippon  qu'elles s'étaient rencontrés dans un rayon discount d'un supermarché.

"Petite, allume un feu..."

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"petite, allume un feu... ", implore la vieille chanson tzigane. En effet, il vaut mieux profiter de la chaleur bienveillante des flammes, quand Martin Šmaus se met à nous raconter l'odyssée d'Andrej Dunka. L'histoire fait froid dans le dos, et les coups qu'Andrejko reçoit de la vie font souvent très mal. Le récit de ses errances commence dans le petit hameau slovaque de Poljana, tout près de la frontière ukrainienne, mais se déplace très vite dans le quartier populaire de Žižkov à Prague. le garçon passe par plusieurs institutions d'"assimilation", il sillonne le pays en train, revient par deux fois à Poljana pour essayer de renouer avec un passé idyllique, mais l'époque change à la vitesse d'un cheval au galop, et le pays aussi. C'est à une véritable épopée que Martin Šmaus nous convoque. On comprend dès lors l'impossibilité d'une vie, lorsqu'on est tzigane, surtout dans un période troublée. La moindre difficulté, et on ...

Kenzaburô Ôé

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Kenzaburô Ôé est né en 1935 dans l'île de Shikoku au Japon. Il étudie la littérature française et soutient une thèse sur Jean-Paul Sartre. Ses premiers textes paraissent dans les années 1950. En 1958, il reçoit le prix Akutagawa, l'équivalent du prix Goncourt, pour  Gibier d'élevage , adapté au cinéma par Nagisa Oshima sous le titre  Une bête à nourrir .  Seventeen   paraît en 1961. Inspirée par l'assassinat du chef de fil du parti socialiste par un militant d'extrême droite de dix-sept ans, cette nouvelle évoque le Japon du début des années 1960 avec la recrudescence de l'ultranationalisme du parti impérial. En 1964, la naissance de son fils, handicapé, bouleverse sa vie comme son univers romanesque. Il s'inspire de ce drame dans un livre déchirant,  Une affaire personnelle , récit des trois jours qui suivent la naissance de cet enfant. Dans les années 1980, Kenzaburô Ôé s'intéresse à la littérature latino-américaine et séjourne au Mexique où il enseign...