Conte du Japon
OOKA ET LES PICKPOCKETS
En ce temps-là, il y avait une foule de voleurs à Edo. Le Shôgun confie à Ooka le soin de s'en débarrasser. Ooka fait coller à tous les coins de rue une proclamation rédigée ainsi :
Tous les pickpockets désirant poursuivre
leurs occupations dans notre cité
doivent dorénavant porter sur eux
un permis spécial officiel.
Tous les voleurs appréhendés
qui ne seraient pas porteurs
de ce permis de voler
auront la tête coupée.
Les voleurs se réunissent au bureau de leur syndicats et délibèrent : « Faut-il nous conformer à l'arrêté municipal ? Mais alors, nous nous dénonçons de nous-mêmes comme voleurs ! Mais si par contre nous n'obéissons pas à l'arrêté, c'est la peine capitale... » Finalement, le chef du syndicat des voleurs décide d'obéir. Et les voleurs se présentent à la police pour obtenir leur permis de voler. Ooka avait imaginé de leur fournir des permis en pin laqué rouge vif en forme de grands panneaux à accrocher dans le dos avec cette inscription : PICKPOCKETS LEGALEMENT ENREGISTRE. Quand les voleurs voient ces pancartes énormes qu'ils devaient porter comme des hommes-sandwich, reconnaissables à cinq lieux, ils deviennent aussi verts que des pousses de riz jeune. Sans plus attendre, ils détalent, quittent la ville, et depuis ce temps-là, Edo n'a plus de pickpockets.

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