Junnosuke Yoshiyuki

 

Junnosuke Yoshiyuki (1924-1994) était le fils d’un poète, Eisuke Yoshiyuki. Il grandit à Tokyo à partir de 1926. En 1940, il est atteint de typhus et isolé dans un pavillon de contagieux quand son père décède. En 1945, il s’inscrit en littérature anglaise à l’université de Tokyo, mais il n’assiste pas beaucoup aux cours. Il travaille surtout dans une société d’édition et finalement, il est renvoyé de l’université parce qu’il n’a pas payé les frais de scolarité. En 1947, il devient officiellement rédacteur dans cette société et participe à la rédaction de quelques magazines. Tandis qu’il est très occupé par son travail, il publie ses œuvres dans plusieurs revues d’amateurs de littérature.

L’Averse reçoit le Prix Akutagawa en 1954. Il n’a pas les moyens financiers pour aller en cure après son opération. Par conséquent il décide devenir écrivain professionnel en profitant de son prix. À la fin de sa vie, il continue d'écrire en affrontant plusieurs maladies. Il traduit Amours sans importance d'Henry Miller en japonais et une œuvre d'époque Edo en japonais.

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A ce moment précis, Yukiko et moi avions dû évoquer le même visage, celui de son amant, un truand de trente ans. N'ayant à vrai dire jamais rencontré cet homme -et j'espérais bien finir mes jours ainsi-, je ne me représentais son visage que de manière très floue. Seule m'apparaissait clairement la cicatrice sur la joue gauche que m'avait décrite Yukiko. Ce visage s'effaça de ma tête, et tout de suite après, une ligne verte et sinueuse se mit à flotter devant mes yeux. Journaliste, je travaillais pour un petit hebdomadaire de la presse à sensation, et j'étais allé un jour faire un reportage dans un club d'attractions nues, établissement patronné par le Milieu. Là, une jeune fille était en train d'écarter les jambes. De toute évidence elle n'avait pas encore vingt ans, et sur ses nymphes couleur de plomb, je vis courir une ligne verte et sinueuse. C'était un vert éclatant, qui brillait comme si un produit phosphorescent y était mêlé.

  • Mais qu'est-ce donc que cette odeur ? dit Yukiko, le regard pensif.

    Ses yeux sombres, tournés vers l'intérieur, s'assombrirent. C'était une des choses qui m'attiraient en elle.

  • Mon corps ne devrait rien sentir.

  • Alors...

  • Je sais ! C'est une odeur qui pénètre parfois dans ma chambre. Tout près il y a un laboratoire universitaire, et de ma fenêtre on voit des étudiants en blouse blanche faire je ne sais quoi avec des éprouvettes. C'est de là, je crois, que vient cette odeur.

  • Qu'est-ce qu'il peuvent bien étudier ?

  • Comment veux-tu que je le sache ? Une odeur, c'est fait de petites gouttes. Et elles ont dû se glisser dans chaque pore de mon corps.


Un imprévisible événement


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