Junzaburō Nishiwaki
Nishiwaki cesse soudainement de publier après le déclenchement de la seconde guerre sino-japonaise en 1937, et annonce qu'il va se concentrer sur la recherche des classiques et de la littérature ancienne. Il fait partie des 14 poètes arrêtés sous l'accusation de sédition après l'introduction de la loi de mobilisation générale de l'État, parce que des censeurs du gouvernement ont choisi d'interpréter quelques-uns de ses poèmes surréalistes de façon critique. Durant la Seconde Guerre mondiale, il se retire dans la préfecture de Chiba avec sa bibliothèque de plus de 3 000 volumes et retourne plus tard dans sa ville natale d'Ojiya dans la préfecture de Niigata.
JOURNEE D'HIVER
En une saison où les tempêtes s'étaient calmées
Je marchais au hasard
A l'horizon sans limite du cœur.
Je m'égarai
Vers un village entouré d'une haie d'aubépine.
D'un feu de plein air où un mendiant faire cuire un chien
Des nuages violets s'étirent.
L'homme qui avait chanté le chant des roses à la fin de l'été
Se lamente au naufrage de son cœur.
-La pie ne raconte pas qu'elle a pris un fruit-
C'est dans ce village que je fixe une lampe et me mets à l'étude.
« Etudions comme Milton. »
Murmure un ange à l'allure de recteur d'université.
Mais jusqu'à la floraison dans les buissons de fleurs comme des poires
Avec les chasseurs, avec les pêcheurs, j'ai joué aux échecs, pour finir.
Tout ce que j'ai perdu, ce soir même
Je voudrais le consacrer :
Envers l'homme qui muse autour de la haie du papillon
Envers le martin-pêcheur qui arrive perdu, envers l'être humain,
Envers la femme illimitée
Pour cette journée d'hiver
Dans une coupe à longues oreilles aussi haute qu'une tour
Verser fruits de la haie et larmes.

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