Waka
Au
Japon, à la période de Heian (794-1185), les dames du Palais
Impérial inventèrent puis cultivèrent avec passion l’art
du waka (littéralement
« poème japonais ») dit aussi tanka (littéralement
« poème court ») – forme de poème bref qui est
l’ancêtre du haïku.
Ces dames de la Cour, qui se révèlent
être de très grands poètes, chantent l’amour : ses peines, ses
attentes, ses trahisons, les ragots et médisances dont il fait
l’objet, l’inconstance des amants, et parfois leur abandon.
La
forme du waka comporte
cinq vers de trente-et-une syllabes réparties comme suit : 5-7-5
puis 7-7.
De
teinte invisible
qui pourtant va s’altérer
il n’est en ce
monde
qu’une seule fleur, pour sûr,
on l’appelle
Cœur-de-mortel.
Ono no Komachi
Mots
jetés au vent
comme feuilles dispersées
ont glacé mon cœur
:
pour le noyer de froidure
se pressent les pluies d’automne.
Ise
Amour
en secret
couve jusqu’à m’abolir,
infime fumée,
nuée
dissipée sans trace
et sans sillage – Ah, tristesse !
Fille de Toshinari
Livrée
à froideur
comme épi au vent d’automne
ah, quel triste sort
!
Pauvre de moi dont nul fruit
ne sera plus à attendre.
Ono no Komachi
La
mienne passion
n’est connue d’âme qui vive.
Ces pleurs que
retient
ma couche, ne les répands pas,
mon petit chevet de
buis !
Princesse Shokushi
Peut-être
ne suis-je
de ce monde ? Mon esprit
en suspens se perd
depuis
que l’homme attendu
grand-peine d’oubli m’inflige.
Ono no Komachi
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