Féminisme au Japon

couverture du premier numéro de la revue SEITO

 Seitō (青鞜, litt. « Bas bleu ») (1911-1916) est la première revue littéraire féministe, créée par des femmes, au Japon.

Cinq femmes, toutes diplômées de la récente université pour femmes du Japon, fondent la société Seitô. Elles choisissent le terme « Bas Bleus » selon l'usage qu'en font les Britanniques en référence aux féministes des XVIIIe siècle et XIXe siècle. Hiratsuka Raichô lance le premier numéro avec ces mots : « au commencement, la femme était le soleil. » (« 原始、女性は太陽であった »), plus tard interprétés par les lecteurs comme une référence au mythe Shinto de la création et à l'idée, populaire à ce moment, que toutes les sociétés préhistoriques ont été matriarcales. Ce n'est toutefois pas l'intention de Hiratsuka Raichô, qui répond plutôt aux allégations de Nietzsche sur l'infériorité de la femme. Parmi les contributrices de la revue, on peut citer la poétesse et partisane des droits des femmes Akiko Yosano et la romancière Nobuko Yoshiya. Les premières années de la revue des milliers de contributrices (dont beaucoup d'enseignantes) y participent. Entre mille et trois mille exemplaires ont été produits.

A l'origine la femme était un soleil, un être authentique. Aujourd'hui, la femme est une lune, une lune au visage livide comme celui d'un malade, qui vit à travers autrui et ne brille que par autrui. Nous devons retrouver le soleil que l'on nous a caché.

Parole à notre soleil, à notre talent caché ! Tel est le cri que nous nous lançons à nous-mêmes, telle est notre soif, irrépressible et insatiable, tel est l'instinct qui ébranle notre être tout entier. Ce cri, cette soif et cet instinct qui, conjugués, vont donner vie à notre esprit passionné... Alors pourra briller, très haut, le trône de notre génie.

Hiratsuka Raichô (numéro 1 de la revue SEITO)

Hiratsuka Raichô


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