1964 :Pompidou revient du Japon
A l'aérodrome de Haneda à Tokyo, M. Pompidou avait été salué, dimanche 14 avril 1964 à 22 heures (heure locale), par MM. Ikeda, premier ministre japonais, et Dennery, ambassadeur de France. A l'époque, il fallait passer par Anchorage, en Alaska, pour rejoindre la France.
Après quelques brèves heures de nuit au-dessus du Pacifique, l'avion a survolé les paysages de l'Alaska, d'une austère et majestueuse beauté : comme des traits noirs, les sapins strient le sol encore recouvert de neige ; sur la mer plate et sombre flottent des blocs de glace blancs ou gris alors qu'à l'horizon brille sous un soleil permanent un cirque grandiose de montagnes immaculées.
Le 27 mars 1964, Anchorage, en Alaska, a été secouée par un tremblement de terre d’une magnitude incroyable de 9,2 sur l’échelle de Richter. A Anchorage, on atterrit sur une piste où les fissures réparées du dernier tremblement de terre laissent encore apparaître de longues lézardes. L'avion s'arrête devant ce qui fut la tour de contrôle mais qui n'est plus qu'un amas informe de pans de murs et de poutrelles enchevêtrés. Le premier ministre apparaît à la coupée mais personne ne l'attend. Aucune personnalité américaine, militaire ou civile, ne s'est, en effet, déplacée pour l'accueillir. Cette absence surprend tout le monde mais aucune raison officielle n'en est donnée et les hypothèses vont bon train.
Un employé de l'aéroport invite M. Pompidou et sa suite à prendre place dans un de ces autobus américains aux sièges haut perchés que l'on voit en France servir aux transports d'enfants. Quelques centaines de mètres plus loin il s'arrête dans la neige sale devant un baraquement de la garde nationale de l'Alaska dont le drapeau depuis le tremblement de terre est en berne. M. et Mme Pompidou traversent ce qui doit être un corps de garde où quelques soldats américains tuent le temps en tenue négligée. L'intrusion de ce groupe de civils ne les trouble pas.
On offre à ces civils un café préparé par la Compagnie Japan Air Lines dans un bureau dont un mur est recouvert d'une immense carte de l'Alaska. Le morceau de Sibérie qu'on y voit au-delà du détroit de Behring est symboliquement peint en rouge vif...


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