Kiku Amino

Kiku Amino (1900-1978) est une écrivaine japonaise, traductrice de littérature anglaise et russe. Amino naît à Tani-chō, dans l'arrondissement d'Azabu, et grandit à Tokyo, où son père est sellier. Sa mère part lorsqu'Amino a six ans, après quoi elle a trois belles-mères. 

En 1921, elle publie un recueil autofinancé de contes Aki (« automne »), et en 1923, rencontre l'écrivain Shiga Naoya, dont elle devient élève. Elle l'épouse en 1930, vit à Hooten, en Mandchourie, de 1930 à 1938, et divorce en 1936. Elle ne publie pas alors qu'elle est mariée, mais fait un retour avec une collection de nouvelles intitulée Kisha no nakade (« En train  ») en 1940.

Seule une nouvelle de l'auteure, écrite en 1966, a été traduite en français par Estrellita Wasserman : On ne vit qu'une fois (Ichigo ichie), dans l'Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines (Tome II), Gallimard, 1989.

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Ce jour du 4 juin, les visiteurs s'étaient succédé du matin au soir à mon domicile, ce qui est plutôt rare, et il était près de vingt et une heure lorsque, mon dernier hôte parti, j'allumai la radio. De la journée, je n'avais écouté les nouvelles. Le journal du soir était déjà commencé et je sursautai en entendant soudain : « Il semblerait que le passager qui a mis fin à ses jours en se jetant par-dessus bord ne soit autre que l'acteur Danzô Ichikawa. »

Le matin, Iwao Fujita, l'envoyé du journal Mainichi, avait fait de lui quelques photographies, puis avait insisté pour que l'acteur lui accorde un petit entretien.

Finalement Danzô se montra avec lui d'une gentillesse extrême, lui parlant de choses et d'autres, comme par exemple d'un poème qu'il avait composé avant de faire ses adieux à la scène :

Longue vie n'est pas bonheur.

Mois après mois, des horreurs

J'en aurai tant vues et entendues.

De ce monde, je suis fourbu !

Il lui parlé aussi de cet autre poème où il prenait congé de la vie :

Le jour où je m'en irai,

Que personne ne soit troublé,

Ni Bouddha dans sa bonté.

En enfer je finirai !

et qu'il avait remanié sous la forme suivante :

Le jour où je m'en irai,

Qu'il n'y ait couronnes ou fleurs,

Veillées funèbres ou pleurs.

En enfer je finirai !

Il lui raconta également comme il fallait éviter, dans la vie, de se plaindre ou de se laisser emporter par la colère : « Moi, voyez-vous, quand je suis fâché, je dors ! » Danzô passait ainsi d'un sujet à un autre avec le plus grand naturel.



 

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