Ruben Dario en Argentine
Ruben Dario arriva à Buenos Aires le
13 août 1893 ; il avait vingt-six ans. Il considérait
l'Argentine comme son deuxième pays, sa patrie spirituelle. Lorsque l'auteur du « Poème de
l'automne » quitta la ville pour la première fois, en 1898, il
avait inoculé à de nombreux écrivains de Buenos Aires le virus de
la bohème : la délicieuse habitude de la peña
nocturne et les pérégrinations de par les cafés et brasseries. Des
groupes réunis autour de concepts littéraires ou esthétique plus
ou moins semblables continuèrent à fréquenter les endroits où
Ruben et ses confrères s'étaient adonnés à leurs libations, mais
ils investirent aussi de nouveaux lieux aux quatre coins de la ville.
Antonio
Requeni
Monument "Canto a la Argentina", réalisé par José Fioravanti
Argentine, ton jour est arrivé !
Buenos Aires, cité tant aimée,
Le Pégase errant depuis les étoiles
te survole d'un vol inspiré !
Ecoutez, mortels, le cri sacré :
Liberté ! Liberté !
Liberté!
A la veille d'un nouveau siècle
problématique et fébrile,
Ruben Dario et Buenos Aires
se sont recherchés.
La ville grouille de criollos
et d'émigrants,
d'écoles et d'ateliers,
de tramways et de cabriolets,
de télégraphes et de trains,
de bohèmes et de marchands,
de palais et de couvents ;
Pompeuses déclarations et exhortations
prolétaires.
Quartiers qui ont envahi la plaine.
Tours qui ont fissuré le ciel.
Places où les fleurs poussent au
milieu du pavé.
Le football y a installé ses dribbles.
Le tango y a pris ses quartiers.
Dario est arrivé et a mélangé
l'or fumant du soleil nicaraguayen
avec les chants à venir
de vie et d'espérance.
Le cosmopolitisme del Plata
fut pour lui un costume sur mesure.
(poème composé sur le modèle de celui de Ruben Dario)

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