Conte du Japon

LES TROIS PRESCRIPTIONS DU BONZE

Un paysan atteint de bronchite vient consulter le bonze du village pour lui demander un remède. Le bonze, ému de tant de confiance, ne veut pas le décevoir et lui dit :

  • Eh bien, va chercher une mesure de la plante wistaria que l'on utilise pour le thé, fais-la bouillir dans de l'eau de pluie et bois une tasse de cette décoction soir et matin.

Le paysan se prépare cette recette et, pour cette raison ou pour une autre, guérit. Son admiration pour le bonze croît.

Quelques jours passent, et ce paysan a maintenant mal aux yeux : paupières gonflées, rougies, vue obscurcie. De nouveau, il s'adresse au bonze qui lui déclare :

  • Je ne suis qu'un médecin généraliste des âmes, comment pourrais-je te soigner ?

  • Mais tu m'as déjà guéri la dernière fois !

  • Eh bien, va chercher une mesure de la plante wistaria que l'on utilise pour le thé, fais-la bouillir dans de l'eau de pluie et bois une tasse de cette décoction soir et matin.

Le paysan se prépare cette recette et, pour cette raison ou pour une autre, guérit. Son admiration pour le bonze croît encore plus.

Quelques jours plus tard, le cheval de ce paysan disparaît. Il va trouver le bonze :

  • De toute ta science, je te prie, trouve-moi un remède contre cette triste situation : mon cheval, c'est toute ma richesse, avec mon lopin de terre.

Le bonze, pensant à autre chose et croyant que le paysans venait lui demander de guérir son cheval de la fièvre aphteuse, répond :

  • Eh bien, va chercher une mesure de la plante wistaria que l'on utilise pour le thé, fais-la bouillir dans de l'eau de pluie et fais-lui boire une tasse de cette décoction soir et matin.

Quand il rentre à la maison, sa femme l'interroge :

  • Alors, que t'a dit le bonze ?

A ce que lui répond le mari, elle éclate de rire et se moque cruellement du paysan, qui n'en fait qu'à sa tête et va cueillir cette herbe de plus en plus loin. Et c'est ainsi qu'il a la bonne fortune de trouver son cheval. Mais rien à faire pour le ramener à l'écurie. Le paysan fait donc sa décoction et la met dans sa gourde. Il arrache une branche solide et frappe le cheval sur les oreilles, jusqu'à ce qu'il s'affaisse. Il s'assied sur la tête du cheval, lui ouvre la gueule, lui ingurgite de force l'amère potion. L'animal, trouvant sa pitance quotidienne préférable à ce maudit breuvage, se dresse sur ses pattes, et suit le paysan jusqu'à l'écurie. Son admiration pour le bonze...

 

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