Haruo Umezaki
Né
à Fukuoka le 15 février 1915, Umezaki fréquente le 5e lycée puis
étudie le japonais et la littérature à l'université impériale de
Tokyo. Il travaille en suite dans cette même université pour la
faculté des sciences de l'éducation. Il termine la guerre
au service du chiffre de la préfecture de Kagoshima. Après la
guerre, il travaille à la rédaction du journal Sunao.
Il acquiert une certaine notoriété avec deux romans qui seront traduits en anglais.
En
1954 il est lauréat du prix Naoki. Umezaki
fait partie de la première génération des écrivains
d'après-guerre.
Il meurt d'une cirrhose du foi le 19 juillet 1965.
*************************************************
« Tout était encore très confus dans ma tête, mais je commençais à comprendre. Ce bien vers lequel je tendais n'était qu'une illusion, car il n'y a pas de bien qui ne s'accompagne de joie. Sinon c'est la comédie, le contraire même du bien. Le Japon a perdu la guerre. Trop de gens doivent survivre sur un trop petit territoire. De minuscules coquillages dans un pauvre sac à dos... des trains toujours bondés... Le bonheur des Japonais est donc limité et à chaque Japonais heureux correspond un Japonais malheureux.
Ainsi, ce pauvre homme qui est tombé du train nous a donné à moi et aux autres passagers un peu plus d'espace dans le compartiment. Plutôt que de se lancer à la recherche du bonheur qui n'existe même pas, mieux vaut précipiter dans le malheur ceux qui nous sont proches. En tant d'êtres vivants notre but suprême doit être, au mieux, de survivre, et tout le reste, ce sont des sentiments. Le cadavre sur la voie ferrée tenant dans son main un bouton du manteau de son voisin, les coquillages qui chantent, ma femme qui zozote, moi-même, tous nous formons un tableau monstrueux.
Monstrueux, mais c'est là qu'il nous faut vivre. Et je décidai alors de vivre désormais en bannissant de mon cœur toute idée de bien ou d'héroïsme, ces vertus superficielles. »

Commentaires
Enregistrer un commentaire