Kieko Kishi vient de mourir.

Pour les cinéphiles français, elle était surtout Yuki, la femme des neiges dans Kwaidan (1964, sorti en France en 1965), le film de fantômes de Masaki Kobayashi (1916-1996). Elle soufflait une haleine glacée sur deux bûcherons surpris par une tempête. Keiko Kishi avait le maintien longiligne et la voix grave qui lui permettaient d’incarner une telle créature. Actrice japonaise, elle a traversé plus de six décennies de cinéma, croisé la caméra de réalisateurs parmi les plus importants de son temps, comme Yasujiro Ozu (1903-1963), Masaki Kobayashi ou Kon Ichikawa (1915-2008), incarné les métamorphoses de la femme japonaise. Keiko Kishi est morte, vendredi 7 août, à l’âge de 93 ans, la nouvelle de sa disparition n’ayant été rendue publique par son agence que mercredi 19 août.

Née en 1932, Keiko Kishi fut longtemps une des rares actrices japonaises connues dans le monde entier. Elle est au sommet de sa gloire lorsqu’en 1957 elle épouse le cinéaste Yves Ciampi, qui vient de la diriger dans Typhon sur Nagasaki (dont elle partage la vedette avec Jean Marais et Danielle Darrieux), puis s’installe avec lui en France. Le scandale est grand au Japon, mais elle ne cessera pas de tourner dans son pays natal, surtout sous la direction de Kon Ichikawa, à partir de Tendre et folle adolescence en 1960. Dans le but d’échapper au joug des studios, elle crée avec deux amies comédiennes la société de production Ninjin Club à laquelle on doit plusieurs chefs-d’œuvres dont Mademoiselle Ogin de Kinuyo Tanaka et le classique du film de fantômes Kwaidan de Masaki Kobayashi.






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