Expo surréaliste au Caire


 

Une exposition internationale sur le surréalisme s'est tenue jusqu’au 2 mars en Egypte. Et sa seconde partie est censée se dérouler à Saint-Cirq-Lapopie, en France. L’espace kodak passage, avec ses vitrines panoramiques donnant sur la rue Adli, au centre-ville du Caire, a abrité une exposition internationale sur le surréalisme, exposant peintures, collages et dessins. « Les oeuvres de 150 artistes, provenant de 28 pays, sont réparties en groupesA chaque pays son pavillon et son mur de création. Le tout est fondé sur l’exploration du fonctionnement de la pensée, du désir, du hasard, de la folie, du sommeil, de l’hypnose, de l’humour, de l’hybridation, du fantastique, de l’amour charnel et de la banalité du réel », explique Clément Gaesler, commissaire de l’exposition et attaché de conservations de la maison André Breton.

Le pavillon français était équipé d’une petite table, avec des livres de référence sur le surréalisme. « Nous offrons au visiteur toutes les possibilités afin de plonger dans le monde du surréalisme, un monde plus onirique que logique, fait d’hallucination que de réalité, ce qui permet à l’inconscient d’imaginer, de rêver et de s’exprimer contre l’ordre établi et les conventions sociales », ajoute-t-il.


On a fait une pause momentanée pour savourer un morceau surréaliste joué au violon par l’Américaine La Donna Smith, puis on passe à un spectacle de théâtre gestuel, Najda in Cairo, d’après un récit autobiographique d’André Breton. Et ce, à l’occasion du vernissage qui a eu lieu le 15 février dernier, de 18h à 21h.

Il y avait aussi le groupe surréaliste égyptien, représentant le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. On découvrit alors le travail de Mohsen ElBelasy, rédacteur en chef des revues surréalistes en ligne : The RoomLa Belle Inutile Editions et le Sulfur Surrealist Jungle.


El Belasy développe un nouveau surréalisme égyptien, lié aux transformations technologiques, au numérique, avec des jeux de collage, des fonds transparents et des images fantômes mouvants. Des images inspirées de l’authenticité surréaliste de Dali. « Mohsen El Belasy est un excellent webmaster. C’est lui qui a créé un manifeste du champ numérique, à travers lequel il a contacté tous les groupes surréalistes du monde entier pour se donner rendez-vous au Caire », apprécie Gaesler. Et d’ajouter : « Personnellement, je trouve que le groupe égyptien dans son ensemble ose des choses d’avant-garde qui éveillent nos pulsions refoulées de manière chaotique, à l’instar du Caire et ses mutations ».


Les oeuvres du groupe égyptien sont accrochées les unes par-dessus les autres, mélangeant ainsi les époques, les temps, le vrai, le faux, le réel et le surréel. L’épouse d’El Belasy, Ghadah Kamal, expose son oeuvre Les Funérailles de l’éléphant sur le même mur. « Je dépasse les limites de la raison avec des créatures animalesques géantes, opposées à des miniatures », explique l’artiste.

La jeune Fairouz Al-Taweela, quant à elle, se prête à un jeu surréaliste très coloré et très enfantin, entre le perdu et le cassé. Son monde de jouets, agencé dans le désordre, pique l’oeil.


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