Conte amhara
L'amitié entre les rats et les grenouilles
Les rats et les grenouilles décidèrent d'organiser tous les mois une grande fête pour renforcer leur amitié. Les rats se mirent immédiatement à préparer les festivités. Peu après, la première grande fête se déroula à merveille.
Le mois suivant, ce fut logiquement au tour des grenouilles de tout organiser. Celles-ci commencèrent à s'en inquiéter car elles n'avaient aucune expérience en matière de fête. Une des grenouilles prit la parole et suggéra :
Nous sommes des animaux uniques parce que nous sommes capables de vivre à la fois sur terre et dans l'eau. Mais puisque nous n'avons pas de quoi préparer une fête sur terre, nous n'avons qu'à inviter les rats à venir dans l'eau.
Tous les rats furent ainsi invités à participer à la cérémonie dans l'eau. Une des grenouilles vient à leur rencontre et s'écria :
Venez, venez, c'est par ici...
Un des rats s'inquiéta :
Comment allons-nous faire pour entrer dans l'eau ? Nous allons nous noyer ; nous ne savons pas plonger.
Les grenouilles lui montrèrent comment plonger. L'un des rats, plus téméraire, dit à ses congénères :
Ca n'a pas l'air très compliqué. Et si les grenouilles peuvent le faire, nous les rats qui sommes des animaux parmi les plus intelligents, nous pouvons aussi y arriver.
Sur ces mots il plongea. Les autres rats le suivirent dans la foulée et tous plongèrent les uns après les autres.
Les grenouilles, pensant bien faire, les encourageaient en s'exclamant :
Respirez... Respirez sous l'eau... Comme ccci !
Les rats obéirent, et tous furent noyés.
Ce conte nous montre à quel point il est parfois difficile de créer une véritable amitié à part égale entre les êtres.
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Relisons alors La grenouille et le rat de Jean de Lafontaine
TEl,
comme dit Merlin, cuide engeigner autrui,
Qui souvent s’engeigne
soi-même.
J’ai regret que ce mot soit trop vieux aujourd’hui,
Il
m’a toujours semblé d’une énergie extrême.
Mais afin d’en
venir au dessein que j’ai pris :
Un Rat plein d’embonpoint,
gras, et des mieux nourris,
Et qui ne connaissait l’Avent ni le
Carême,
Sur le bord d’un marais égayait ses esprits.
Une
Grenouille approche, et lui dit en sa langue :
Venez me voir chez
moi, je vous ferai festin.
Messire Rat promit soudain :
Il
n’était pas besoin de plus longue harangue.
Elle allégua
pourtant les délices du bain,
La curiosité, le plaisir du
voyage,
Cent raretés à voir le long du marécage :
Un
jour il conterait à ses petits enfants
Les beautés de ces lieux,
les mœurs des habitants,
Et le gouvernement de la chose
publique
Aquatique.
Un point sans plus tenait le galant
empêché.
Il nageait quelque peu ; mais il fallait de l’aide.
La
Grenouille à cela trouve un très bon remède.
Le Rat fut à son
pied par la patte attaché.
Un brin de jonc en fit l’affaire.
Dans
le marais entrés, notre bonne commère
S’efforce de tirer son
hôte au fond de l’eau,
Contre
le droit des gens, contre la foi jurée,
Prétend qu’elle en
fera gorge chaude et curée ;
(C’était, à son avis, un
excellent morceau.)
Déjà dans son esprit la galande le
croque.
Il atteste les Dieux ; la perfide s’en moque.
Il
résiste ; elle tire. En ce combat nouveau.
Un Milan qui dans
l’air planait, faisait la ronde,
Voit d’en haut le pauvret se
débattant sur l’onde.
Il fond dessus, l’enlève, et par même
moyen
La Grenouille et le lien.
Tout en fut ; tant et si
bien
Que de cette double proie
L’Oiseau se donne au cœur
joie ;
Ayant
de cette façon,
À souper chair et poisson.
La
ruse la mieux ourdie
Peut nuire à son inventeur :
Et souvent
la perfidie
Retourne sur son auteur.


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