Fumiko Hayashi

林 芙美子 FUMIKO Hayashi (31 décembre 1903 – 28 juin 1951) est l'une des figures majeures de la littérature japonaise : elle a écrit plus d'une centaine de romans et de nouvelles dont une infime partie est aujourd'hui traduite en français.

Née en 1903 à 下関市 Shimonoseki (île d'Onshû), "issue d'une famille extrêmement défavorisée, ses parents étant marchands ambulants, elle passa une enfance misérable sur les routes du Japon avant de monter à Tokyo à dix-huit ans.

Elle fréquente alors les milieux de l’avant-garde littéraire et artistique tout en faisant divers petits métiers pour vivre. La pauvreté continue de la poursuivre et marquera durablement son œuvre, ainsi que sa vie amoureuse tumultueuse.

Plusieurs hommes partagèrent sa vie avant son mariage avec le peintre 手塚 緑敏 / TEZUKA Rokubin en 1926. "

"Vagabonde" ou "Chronique de mon vagabondage" / 放浪記 ("Hōrōki") paraît en 1930 : son premier roman d'inspiration autobiographique connaît un succès fulgurant.

" Ce succès lui donne une renommée et des ressources financières qui lui permettent de voyager, notamment en Chine et en France."



LE CHRYSANTHEME TARDIF


Kin se leva et prit dans un placard une photo de Tanabe étudiant.

  • Tiens, tu en as gardé de drôles de choses.

  • Oui, je l'ai trouvée chez Sumiko et je l'ai emportée. C'est avant que nous nous rencontrions, je crois. Vous avez vraiment l'air d'un prince. Et ce kimono bleu foncé vous allait très bien. Prenez-la, vous devriez la montrer à votre femme. Vous êtes si beau, là-dessus. On ne vous aurait pas imaginé capable de dire des choses désagréables.

  • Et penser que j'étais comme ça.

  • Oui, si vous n'aviez pas mal tourné, vous seriez devenu quelqu'un de très bien, vraiment.

  • Parce que j'ai mal tourné ?

  • Oui.

  • Mais c'est de ta faute, et puis il y a eu aussi cette guerre interminable.

  • Tout ça, ce sont des prétextes, ça ne fait pas une seule bonne raison. Vous êtes devenu quelconque.

  • Quelconque ? Peut-être bien. Mais c'est comme ça les êtres humains.

  • J'espère quand même que vous admirez ma naïveté, d'avoir gardé si longtemps cette photo près de moi.

  • C'est malgré tout un souvenir, non ? Tu ne m'en as pas donné à moi.

  • D'image de moi ?

  • Oui.

  • Ca me fait peur. Mais je ne voua en avais pas envoyé une au front, une ancienne, de quand j'étais geisha ?

  • J'ai dû la perdre quelque part...

  • Vous voyez, je suis tellement plus pure que vous.

 

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