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Zewdu Milikit

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  La mode du silence Il avait l’habitude de laisser pousser sa barbe longuement et ne se peignait jamais les cheveux. « J'ai besoin de très peu de chose », disait-il, son pantalon aussi fin que celui d'un ermite sous un manteau qui gratte. Il aimait pour le plaisir la discussion féroce, déchirer une opinion en l'arrachant à tous les débats à l'entour. Mais c’est fini depuis longtemps: aujourd’hui, ses cheveux sont courts et bien coupés, son beau et nouveau personnage dispose d’une garde-robe garnie de vêtements raffinés : des combinaisons de chemises et de t-shirts ! vestes et cravates assorties ! pantalons sur mesure assez amples pour emporter mille pensées privées – une telle qualité tranquille, chuchotante comme la robe d’une femme, chuchotante comme lui. Le tempérament de l’époque a changé, de tant et tant de choses, on ne parle plus tellement, plus de discussions féroces, de points de vue contradictoires – aujourd’hui, dans la Maison du Savoir domine un silence à ...

Les Afars, peuple oublié

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    Au coeur de la Corne de l'Afrique, entre Ethiopie, Djibouti et Erythrée vit le peuple Afar. Lucy, leur ancêtre découverte enfouie dans la terre, révéla leurs origines à des millions d'années. Vivant dans une région convoitée, ce peuple de nomades et d'éleveurs est victime de persécutions. Les invasions militaires successives, portugaises, turques, françaises et italiennes ont progressivement chassé les Afars de leur territoire. Le Triangle Afar représente un enjeu géopolitique important. La route reliant Addis-Abeba à Djibouti constitue  l'artère économique éthiopienne. Elle traverse le pays afar sur plus de 600 kilomètres. La colonisation organisée par le gouvernement éthiopien de la région Afar a amplifié et aggravé les conflits ethniques. Dans les villages les Afars vivent dans une crainte perpétuelle. Les attaques mortelles sont fréquentes. Les avancées technologiques, les politiques d’intégration et de délocalisation sont autant de facteurs qui mettent en pér...

Conte bassa

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  L'homme et le serpent Il y a bien longtemps un homme partit en voyage. Après une longue marche, il arriva à proximité d'une rivière au bord de laquelle se trouvait un serpent qui lui fait cette demande : Aide-moi à traverser. De quelle façon puis-je le faire ? répondit l'homme. Porte-moi simplement autour de ton cou. L'homme avait peur du serpent, mais il accepta néanmoins de l'aider. Une fois de l'autre côté de la rivière, il dit au serpent de descendre. Il n'en est absolument pas question, répondit le serpent. Allons voir le juge des animaux afin de régler l'affaire. L'homme, le serpent autour du cou, accepta et marcha ainsi jusqu'à l'hyène, qui après avoir écouté l'un et l'autre, se contenta de répondre, tant elle avait peur du reptile : Allez donc voir le singe. Moi, je ne peux rien juger. L'homme et le serpent se rendirent immédiatement auprès du singe et lui demandèrent de juger. Le singe répo...

Bafouille à Elise

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 Le vertige me prit. J'étais à la cave. Etre si loin du rez-de-chaussée m'effrayait. De ses briques bistres me narguait l'escalier. Etais-je descendu pour chercher un chou rave. Le sol gras m'incitait à m'enfoncer encore et l'armoire grillagée qui gardait le vin cliquetait comme lors d'un glissement de terrain, grinçait à la façon des bêtes carnivores. J'aperçus le vestige d'un tas de charbon. Alors je me suis vu descendre dans la mine. Allons ! que ce vertige à l'envers se termine ! Mais les marteaux-piqueurs œuvraient à l'unisson. Enfant, il fallait me voir grimper aux grands arbres ! Jamais peur, plus j'étais haut et plus j'étais libre. Ce n'est que plus tard que j'ai perdu l'équilibre en tombant du lit d'une femme au cœur de marbre. Dégringolade jusqu'aux fins fonds de l'enfer. Mais je remonterai un jour de cette remise, la cave ne sera pas mon caveau, Elise, du soupirail j'...

Lalibela

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  Les églises rupestres de Lalibela sont onze (la fonction de plusieurs a été modifiée au fil des siècles) églises monolithiques taillées dans la roche. Elles se trouvent dans la ville de Lalibela en Éthiopie. La tradition dit qu'elles furent taillées au début du XIIIe siècle sur l'ordre du roi Gebre Mesqel Lalibela qui voulait permettre aux chrétiens orthodoxes éthiopiens d'avoir sur leur terre leur propre Jérusalem, les pèlerinages vers la ville sainte étant de plus en plus difficiles à cause de l'expansion de l'islam. L’aménagement du site a été conçu pour que sa topographie corresponde à une représentation symbolique de la Terre sainte, d'où son appellation de « Jérusalem Éthiopienne ». Cependant, des études du site montrent qu'il a été sans doute aménagé sur une période plus longue, plusieurs siècles, même si la chronologie reste à préciser. Selon la légende, au  xiii e siècle, le roi L...

Teshomé Meteku

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  T èshomè Meteku est le frère du saxophoniste Téwodros Meteku. Il commence une carrière de chanteur lorsqu'il est adolescent dans les bars et night-clubs d'Addis-Abeba. À la fin des années 1960, il fait partie du groupe Soul Ekos Band avec son frère Téwodros « Teddy », Tamrat Ferendji, Fekade Amde-Meskel, Tesfaye Mekonnen, Alula Yohannès et Sèyfu Yohannès. Ensemble ils éditent quatre chansons qui connaissent un grand succès. Tèshomè Meteku part ensuite faire ses études en Suède en 1969 au conservatoire de musique de Malmö et à l'université de Lund où il obtient un master de sociologie. Il reste en Suède durant cinq ans mais la chute d'Haïlé Sélassié et l'arrivée au pouvoir du régime communiste empêche son retour en Éthiopie et le contraint à l'exil, notamment aux États-Unis. Durant vingt-cinq ans il disparaîtra des scènes, tout en continuant de temps à autre à travailler avec quelques artistes éthiopiens comme...

Hama Tuma

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  Gamal Abdel Nasser Paroles, paroles, paroles... Lewis Carroll disait autrefois : « Occupez-vous du sens, les sons s'occupent d'eux-mêmes. » Force est de constater que, dans la réalité, c'est presque toujours l'inverse qui se produit : le sens prend la porte et le son nous perce les oreilles. Pourtant, il n'en a pas toujours été ainsi. Dans le passé des dirigeants comme Nkrumah, Nasser, Kenyatta, voire Sékou Touré, ont parlé tout simplement pour dire « non ». Nous savions bien qu'ils étaient nus, ces empereurs-là, mais nous voulions nous laisser prendre au jeu, car ils avaient du style, de la dignité, le sens de la cérémonie. La démagogie de Gamal Abdel Nasser nous hypnotisait, les appels à l'unité de Nkrumah, empreints d'idéalisme, nous captivaient, et bien que les paroles de Sékou Touré n'eussent pas grand-chose à voir avec la réalité de Conakry, elles nous ébranlaient. C'était une autre époque et nous étions pleins d'émotion. Nos dirigean...